Le TPB

Le trouble de la Personnalité Borderline se caractérise par la combinaison de plusieurs symptômes. Alternant entre des phases plus ou moins intenses de Tout ou Rien, d’un sentiment de vide récurrent, de coups de tonnerre (internalisés et externalisés) rugissants, souvent prisonnier d’un énième paradoxe et épris d’un sentiment de solitude profond … Le traitement des patients Borderline, de par la complexité de leur fonctionnement mental, est un enjeu de taille pour tous les professionnels de santé. De surcroit, les erreurs de diagnostics demeurent encore trop fréquentes, un symptôme plus prédominant (à une période) peut en cacher d’autres.

Généralement, la personne Borderline (ainsi que son entourage) se trouve dans une situation de grande détresse. Un désarroi qui plonge bien souvent la personne dans des abîmes difficilement atteignables pour l’Autre. Ce sentiment d’incompréhension (et même parfois d’injustice) et cette grande souffrance interne amènent très souvent la personne à vouloir mettre fin à ses jours (par le biais de la pensée et/ou par l’acte).

M.Linehan nous livre des chiffres concernant la prévalence de ce trouble, 11% des patients suivis en ambulatoire et 19% des patients hospitalisés présentent un trouble de la personnalité Borderline (Linehan, 2000). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), entre 2 % et 4% de la population mondiale seraient touchés par le trouble de la personnalité Borderline. Nous retrouvons un taux plus élevé chez les femmes que chez les hommes, quoique les études portant sur la population générale ne présentent pas de différence majeure entre les deux sexes (Johnson, Shea & al, 2003). Les premiers symptômes apparaissent généralement au cours de l’adolescence et tendent à diminuer significativement avec l’âge.

Malgré la pluralité des symptômes du TPB (et de ses comorbidités associés), nous retrouvons cependant certaines caractéristiques centrales: Instabilités des relations interpersonnelles, labilité émotionnelle, impulsivité marquée et comportements à risque.

Le DSM-IV-TR (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders, American Psychiatric Association) définit le TPB comme « un mode général d’instabilité des relations interpersonnelles, dans l’image de soi, des affects, avec une impulsivité ».
Pour recevoir un diagnostic, la personne doit présenter au moins 5 critères sur les 9 suivants :
1. Des efforts effrénés afin d’éviter un abandon réel ou imaginé.
2. Des relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par une alternance entre les extrêmes de l’idéalisation et de la dévalorisation.
3. Perturbation de l’identité : instabilité marquée et persistante de l’image de soi ou de la notion de soi.
4. Impulsivité dans au moins deux domaines ayant un potentiel autodestructeur (ex.: dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, boulimie).
5. Comportement, gestes ou menaces suicidaires ou d’automutilations récurrentes.
6. Instabilité affective causée par une réactivité marquée de l’humeur (ex.: dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété qui dure habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours).
7. Sentiments chroniques de vide.
8. Colères inappropriées et intenses ou difficulté à maîtriser sa colère (ex.: sautes d’humeur fréquentes, colère constante, bagarres récurrentes).
9. Idées passagères de persécution ou symptômes dissociatifs graves en situation de stress.

Aujourd’hui un grand nombre d’approches thérapeutiques ont montré toute leur efficacité dans le traitement du trouble de la personnalité Borderline (TCD, Thérapie des schémas, Thérapie basée sur la mentalisation, Gestalt). L’un des aspects majeurs de la thérapie réside dans l’importance de la « rencontre » entre le patient et son thérapeute (force de l’alliance thérapeutique et confiance réciproque). Il semblerait également que la motivation intrinsèque du patient soit un facteur clé dans le processus de guérison.

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Références:

Johnson, D. M., Shea, M.T.,& al. (2003). Gender differences in borderline personality disorder: findings from the Collaborative Longitudinal Personality Disorders Study. » Compr Psychiatry, 44(4): 284-292.

Linehan, M.M. (2000). Traitement coginitivocomportemental du trouble personnalité état limie. Genève : Médecine et Hygiène.